samedi 28 novembre 2009

La pensée est paranoïaque. Ne m'anéantis pas, je suis un homme. je suis là, cerné par l'au-delà.

Article en cours de rédaction...

De toute évidence nous sommes des êtres compétents. Nous sommes capables de réussir une foule d'opérations dans le monde: marcher, construire, étudier, voter... Tout cela relève de techniques appropriées à des objectifs qui, en dernière analyse, servent nos pulsions et nos besoins. C'est de la technologie et toute technologie est à la portée d'une machine. Le propre de la machine est de n'avoir pas de conscience, de n'être pas , de n'être pas tout simplement. A fortiori une machine ne se pense pas comme un Je, elle n'est pas un Je. Mais une machine peut très bien opérer une anticipation temporelle, organiser son environnement, accumuler des compétences, développer une stratégie et vérifier sa valeur à l'usage, etc.

Tout cela n'est pas le propre de l'homme, mais l'homme le fait aussi. Finissons-en au passage avec cette vieille formulation du "propre de...". Il est plus que probable que la vie se soit développée ailleurs dans le vaste univers, que d'autres pensées s'y soient déployées et que l'homme ne soit pas le seul être pensant, qu'il soit même "sous-pensant" comparé à d'autre êtres et que pour ces "êtres" il ne soit peut-être même pas question d'être, de pensée ou de Je... Alors, si nous voulons être des gentlemen, et j'espère que nous le voulons, il serait plus approprié de ne plus nous approprier la pensée comme étant notre propre. "Ca pense" disait mon homonyme L.



... digression inutile au propos: cut et nouvel article


Le langage, en tant que fonction de communication, est encore une compétence technologique. La possibilité du langage, élémentairement, est fondée sur la possibilité de re-connaître les objets du monde réel, c'est donc une fonction cognitive, un algorithme fonctionnel basé sur une définition descriptive: "ceci est une chaise" signifie "cette chose possède les caractéristiques reconnaissables de la chaise". "Je sais ce qu'est une chaise" signifie "je connais les caractéristiques de ce qu'on appelle une chaise et elles me permettent de la re-connaître". Encore une fois: une machine pourrait le faire et le fera dans un avenir proche. Mais une machine ne dira pas Je! Ou si elle le dit ce sera pour la forme, parce qu'elle nous le dit à nous. Je est une "chose", plutôt une instance, à jamais inconnaissable pour une machine! Une machine ne peut reconnaître un Je, etc.


... trop détourné, trop long: recentrer



Le langage s'est peut-être développé au cours de notre évolution parce qu'il dotait notre espèce d'un outil très performant pour survivre: parler permet en effet de s'organiser et de transmettre la connaissance de génération en générations, etc. Mais avec le langage vient la question. Avec le premier mot vient l'absence de tous les autres, et avec les mots du monde réel viennent ceux de l'au-delà.

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Cette dialectique n'est-elle pas le but premier de la pensée, et donc du langage: dire l'au-delà.

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Est-ce que dire l'au-delà ne vient à pas  l'homme comme quand il dit "ne m'anéantis pas, je suis un homme". cf l'Etre et le Néant, Sartre

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Etre là, n'est-ce pas précisément ce qui effraye? Je suis là, cerné par l'au-delà, persécuté par le néant. cf Sein und Zeit, l'angoisse de l'effondrement de l'étant, Martin Heidegger.

... en cours

vendredi 27 novembre 2009

Darwin et le plaisir sexuel

Pour les cancres qui auraient oublié de quoi il s'agit: http://fr.wikipedia.org/wiki/Sélection_naturelle, et pour les fainéants incurables suit un bref résumé adapté aux circonstances.

Si une planète rencontre l'orbite d'une autre planète... elle n'est pas fait pour durer, micro bang... Le million d'astéroïdes résultant rencontrerons le même problème: trouver une trajectoire stable dans le cosmos. Les uns iront de nano bang en nano bang, pour finir poussière et se faire absorber par une grosse planète draguant l'espace, les autres trouveront leur voie et dureront un peu dans le vide. Pour les espèces animales qui se reproduisent c'est la même chose, comme la planète a muté en astéroïdes, l'animal doit aussi pouvoir muter pour trouver sa trajectoire; la reproduction - surtout son imperfection - permettra cette adaptation de la trajectoire de notre cartographie génétique. Si un animal à fourrure se reproduit et que sa descendance directe à des poils trois fois plus long, que se passera-t-il? La descendance passera mieux l'hiver, et si elle vit dans un environnement froid, aura plus de chance de se multiplier et à la longue remplacera peut-être la variante parentale; mais si l'animal se trouve dans un pays chaud, ça pourrait lui être fatal, permettant, par exemple, à ses prédateurs de l'attraper plus facilement, et favoriser ainsi l'extinction.

Il faut absolument retenir de l'hypothèse darwinienne que l'évolution se fait à priori par une erreur du processus de reproduction, donc un pur et simple hasard du point de vue de la logique de la vie elle-même, et à posteriori par la sélection des organismes aux comportements les mieux faits pour se reproduire, s'adapter et donc durer.

L'envie de contact sexuel, l'envie du coït, les fantasmes sexuels de tous ordres, le désir des jeux de regards, l'envie d'être vu et reconnu comme bête puissante, douce et effrayante, tout ce ça qui agite et motive des comportements aboutissants au coït chez les mâles depuis des milliers d'années, est un vecteur de pérennité puissant. Une espèce sexuellement paresseuse n'aurait pas survécu dans un environnement aussi hostile.

Tout ça pour attirer l'attention sur un point précis et fondamental: la sexualité n'est pas faite pour la reproduction. Le désir sexuel n'a aucun rapport avec l'envie de se reproduire, aucune nature ne nous manipule à travers nos fantasmes. L'idée même d'une téléologie à l'oeuvre dans la nature est impensable. Rien n'empêche bien sûr d'avoir le projet de se reproduire et d'avoir une relation sexuelle dans ce but, mais c'est tout à fait contingent et n'a rien à voir avec le désir lui-même en général. Le désir sexuel n'a aucun but que le désir sexuel. Le plaisir sexuel n'a d'autre raison d'être que le plaisir lui-même. Les fantasmes n'ont d'autre raison d'être que d'être des fantasmes.

Mais comme il se fait que l'organe principal du plaisir sexuel est aussi celui de la reproduction, ces comportements ont pour conséquence de favoriser la reproduction donc la survie de l'espèce, et sont par conséquent utiles à l'espèce au regard de sa capacité à coexister et à durer.

En bref: c'est parce que nous étions de gros obsédés de la chose pour le plaisir que nous avons fais pleins d'enfants et avons gagné la course. C'est ça notre nature et c'est la nature. Donc pas de complexe et pas de honte, c'est comme "ça" et c'est une question de survie... ;-)

En conclusion: Arthur Schopenhauer n'avait absolument  rien compris et le dogme chrétien est totalement contre nature, ce qui bien sûr n'est pas une incohérence puisque il se pose face à la nature pour sauver l'homme et lui assigner des buts supérieurs.

Désolé d'avoir été si lourd et si long.
L

jeudi 26 novembre 2009

Commentaire sur la causalité et la liberté sur Nexus Six...

Délire sur la mécanique quantique et la causalité…

Nous sommes des êtres temporels, ou plutôt temporalisant. Nous anticipons sans cesse l’avenir, quoi que nous fassions dans le monde nous ne pourrions le faire sans anticiper à court ou long terme ce qui est sensé arriver après. Cela implique qu’avec notre pensée advient dans l’univers un retour du passé sur un présent ou une présence qui anticipe l’avenir. C’est une possibilité nouvelle! La causalité n’est plus simplement un dynamisme qui pousse mécaniquement depuis un pur et simple présent, qui contiendrais en lui le futur, selon des lois immuables, mais un dynamisme réflexif qui contiendrais en lui, en plus, l’anticipation imaginaire du futur. Mais tout cela pourrait facilement se résoudre, une nouvelles fois, en une simple causalité immuable. Mais arrive la mécanique quantique… Et avec elle la notion de probabilité: l’avenir n’est pas un chemin prévisible, mais une multiplicité infinie de chemins probables. Si un photon est allé de A à B, le physicien affirme aujourd’hui que ce même photon – qui a été capté en B – aurait pu être capté en C, D, E… C’est une révolution! Car si un cycliste est arrivé à Bruxelles, on ne dirait pas qu’il aurait pu être vu à la même heure à Paris… car il a précisément été vu à Bruxelles et qu’il ne saurait être en deux endroits à la fois. Donc le même photon contient en lui des possibilités infinies, et le chemin emprunté sera déterminé par son interaction avec le reste du monde, mais d’une façon intrinsèquement non prévisible. Le photon est littéralement à plusieurs endroits en même temps, et pas “dilué”, bel et bien “multi-localisé”.

Si on revient à la pensée anticipante de l’avenir… et qu’on y introduit un peu de mécanique quantique – en prenant quelques libertés je l’avoue – on peut se demander si le cerveau, à un niveau microscopique, donc quantique, ne peut pas anticiper sur cette infinité possible et déterminer ainsi l’avenir, ce qui permettrait de postuler une liberté authentique de la pensée par rapport au déterminisme classique. Le déterminisme classique est une idée très simple et facile à comprendre: le monde de la physique est soumis à des lois et rien ne peut arriver dans le monde qui ne s’y soumette, sinon il y aurait violation des lois de la physique… Donc pas de liberté, la conscience n’est plus alors qu’un simple écran où nous voyons défiler ce qui est réglé par ces lois, sans pouvoir intervenir d’aucune façon, bref on serait des machines causales, des notions comme “mérite”, “agir”, “choisir”, “volonté”, “liberté” etc seraient dénuées de sens ou devraient être radicalement repensées.

En bref, pour reprendre le tout: le fait que la mécanique quantique mette à jour un avenir probabiliste ouvre la possibilité, à partir de l’anticipation de ces possibilités, d’un présent non déterministe.

Désolé d'avoir été si lourd et si long.
L

Post scriptum: le raisonnement ci-dessus est plein d'incohérence et mérite bien son qualificatif de "délire"... ;-)

mardi 24 novembre 2009

Le Mystère

Nous avons perdu le sens du mystère, et avec lui toute possibilité d'ouverture. Notre époque est à ce point préconçue et balisée de signes, que la lumière ne nous parvient plus directement. Nous ne voyons plus rien que ce qui est prévu, n'entendons plus rien que ce qu'on dit. La raison a tout quadrillé et nous y avons gagné, mais nous y avons perdu l'espace vital de l'esprit lui-même. A une autre époque il y avait dans chaque foyer un génie questionnant, une imagination oeuvrant à la compilation d'une mythologie singulière. La représentation libère autant qu'elle emprisonne: elle nous libère de l'au-delà et nous permet de nous l'approprier en l'intégrant dans notre monde, mais du même coup elle nous enferme dans son système.

Je me suis souvent demandé comment l'homme d'aujourd'hui pourrait accéder à une spiritualité sans renoncer à la raison et sans accorder de foi à des chimères. Je crois que j'ai trouvé ma solution: le mystère. En ce qui me concerne j'ai dû beaucoup travailler pour trouver ce chemin: toute ma raison y est passée, car il a fallu que je comprenne ce qu'elle était de l'intérieur.

... en cours

un commentaire laissé sur le blog nexussix:

Bonjour,
Merci de votre réponse. Je comprend bien le sens de votre démarche, plutôt poétique qu’analytique. Dans mon premier commentaire je parlais de l’œuvre elle-même, je m’explique.
Peu importe le domaine particulier de la pensée que l’on choisit, le raisonnement est le même, la physique par exemple. Un physicien du 19ème siècle disait “les masses s’attirent”, celui du 20ème dit sans doute “l’espace est courbe”; mais aucun des deux ne pourra jamais atteindre cette réalité pour en avoir une preuve. Ce sont des histoires pour l’intuition humaine, juste parce que nous sommes des êtres fait comme ça: on a besoin d’images et de représentations, on a besoin de mythologiser. La seule chose qui soit scientifique est l’anticipation quantitative de la causalité au travers d’équations d'observables implantées dans des dispositifs de laboratoires. Mais la physique n’est qu’un exemple parmi d’autres. Ce que je veux dire est que notre connaissance, nos conceptions, nos fonctions cognitives, sont utiles, mais ne nous donnent jamais accès à la réalité des choses elle-même: on n’ira jamais voir au-delà de notre vision, et notre vision est une création subjective autant qu’un fait de civilisation. Donc l’univers est et restera à tout jamais un mystère total en-soi. Le déflorer est une activité incessante, mais un échec. Cet échec est à mon avis notre lot pour toujours, mais il est beau, c’est une activité poétique vitale. Je crois que ce qui importe vraiment est de se donner ou de se redonner un accès au mystère, la pensée est toujours trop totalitaire, c’est inhérent à son principe: elle est là pour nous permettre de nous approprier le mystère et nous donner un monde vivable où assouvir nos besoins et désirs. Aujourd’hui le sens du mystère est à peu près complètement occulté, on y a plus accès, Nicolas Hulot représente la nature, Suez l’exploite, nous voulons en faire un musée, etc. etc. etc. Notre époque est saturée de signes. Mais pour redevenir créateurs il faut avant tout retourner à la source: là où les représentations se créent, selon un principe de plaisir et de mythologie intime, face au fait fondamental de notre condition qui est que le mystère nous entoure de toute part.
Bonne journée,
Laurent

... en cours

samedi 14 novembre 2009

S/S/S/S/S/S/S/S/... Silence

S, l'image psychique du son, le signifiant et s, le concept pensé, le signifié. Prenons des concepts simples: des concepts d'objets: "un lit", "une table", "un livre", "un humain"... Pour le concept d'"idéalité transcendantale" on verra plus tard... Le scientifique dit: un concept c'est comme une fonction en mathématique, une opération, un processus par lequel on identifie un individu particulier, on le reconnais. On peut programmer une machine pour reconnaître un livre ou une table, pas besoin d'être conscient pour ça, il suffit d'avoir un schéma, un procédé basé sur un ensemble déterminé de caractéristiques. "Je connais mon concept" voudrait alors dire: "je suis capable de reconnaître" un livre ou une table, capable de réussir l'exercice qui consiste à le re-connaître, à tous les re-connaître si j'en ai le temps.

S/s

Un signifiant associé à un signifié ça veut donc dire: une image psychique associée à un procédé de reconnaissance, donc à un processus matériel organique, une simple causalité. Le concept, en tant qu'entité langagière, n'est plus que la représentation signifiante - avec des S - d'un procédé opératoire opaque, absent, perdu dans le néant de l'univers non-représenté, non-conscient, en soi, toujours déjà.

Donc en fait on a:

S/S/S/S/S/.../processus organiques

Donc pas de signifié, rien que du signifiant et l'univers non-représenté, en soi, non-conscient, à jamais toujours déjà effectué, du processus bzzz bzz, bzz bzz bzzz.

Désolé d'avoir té si lourd et si long.
L

Conscience du transistor

Nous entendons ou lisons souvent que quelque chose est "évident", l'"immédiate évidence" est un (anti)argument souvent utilisé par les philosophes. A=A est vrai, et cela est immédiatement évident. Je suis là dans un monde qui est là pour moi, est aussi immédiatement évident. Le temps passe et le monde change, ou du moins en tant qu'il se donne à moi, est immédiatement évident. Ma perception manifeste un univers spatial est immédiatement évident. La ligne droite est le plus court chemin entre deux points est immédiatement évident, ce qui n'empêche pas que cela puisse être aussi démontré mathématiquement, dans un espace euclidien. Je suis là, hic et nunc, et le maintenant existe, cela aussi est immédiatement évident.

Et si l'évidence immédiate, était l'effet de notre absolue passivité, ou réceptivité, par rapport à l'arrière plan "matériel" d'où émergent nos expériences de pensée ou de perception? Si nos pensées sont élaborées par notre cerveau, une chose en soi absolument au-delà de toute expérience subjective possible, et que notre conscience n'est que pure réceptivité émergente de ces processus, que peut-elle faire d'autre que se trouver elle-même "évidente"? Le sens de l'immédiate évidence elle-même n'est peut être que ça: passivité et fait accompli des fonctions cognitives implantées dans cet au-delà radical de notre conscience.

Et si l'immédiate évidence n'était que ça, et tous nos arguments pour tenter d'élever nos évidences au statut de principes logiques nécessaires et universels, de vaines tautologies circulaires, l'expression de notre finitude machinique... Eternel retour réflexif du schéma sur lui-même, conscience du transistor.

L