Délire sur la mécanique quantique et la causalité…
Nous sommes des êtres temporels, ou plutôt temporalisant. Nous anticipons sans cesse l’avenir, quoi que nous fassions dans le monde nous ne pourrions le faire sans anticiper à court ou long terme ce qui est sensé arriver après. Cela implique qu’avec notre pensée advient dans l’univers un retour du passé sur un présent ou une présence qui anticipe l’avenir. C’est une possibilité nouvelle! La causalité n’est plus simplement un dynamisme qui pousse mécaniquement depuis un pur et simple présent, qui contiendrais en lui le futur, selon des lois immuables, mais un dynamisme réflexif qui contiendrais en lui, en plus, l’anticipation imaginaire du futur. Mais tout cela pourrait facilement se résoudre, une nouvelles fois, en une simple causalité immuable. Mais arrive la mécanique quantique… Et avec elle la notion de probabilité: l’avenir n’est pas un chemin prévisible, mais une multiplicité infinie de chemins probables. Si un photon est allé de A à B, le physicien affirme aujourd’hui que ce même photon – qui a été capté en B – aurait pu être capté en C, D, E… C’est une révolution! Car si un cycliste est arrivé à Bruxelles, on ne dirait pas qu’il aurait pu être vu à la même heure à Paris… car il a précisément été vu à Bruxelles et qu’il ne saurait être en deux endroits à la fois. Donc le même photon contient en lui des possibilités infinies, et le chemin emprunté sera déterminé par son interaction avec le reste du monde, mais d’une façon intrinsèquement non prévisible. Le photon est littéralement à plusieurs endroits en même temps, et pas “dilué”, bel et bien “multi-localisé”.
Si on revient à la pensée anticipante de l’avenir… et qu’on y introduit un peu de mécanique quantique – en prenant quelques libertés je l’avoue – on peut se demander si le cerveau, à un niveau microscopique, donc quantique, ne peut pas anticiper sur cette infinité possible et déterminer ainsi l’avenir, ce qui permettrait de postuler une liberté authentique de la pensée par rapport au déterminisme classique. Le déterminisme classique est une idée très simple et facile à comprendre: le monde de la physique est soumis à des lois et rien ne peut arriver dans le monde qui ne s’y soumette, sinon il y aurait violation des lois de la physique… Donc pas de liberté, la conscience n’est plus alors qu’un simple écran où nous voyons défiler ce qui est réglé par ces lois, sans pouvoir intervenir d’aucune façon, bref on serait des machines causales, des notions comme “mérite”, “agir”, “choisir”, “volonté”, “liberté” etc seraient dénuées de sens ou devraient être radicalement repensées.
En bref, pour reprendre le tout: le fait que la mécanique quantique mette à jour un avenir probabiliste ouvre la possibilité, à partir de l’anticipation de ces possibilités, d’un présent non déterministe.
Désolé d'avoir été si lourd et si long.
L
Post scriptum: le raisonnement ci-dessus est plein d'incohérence et mérite bien son qualificatif de "délire"... ;-)
jeudi 26 novembre 2009
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