Pour les cancres qui auraient oublié de quoi il s'agit: http://fr.wikipedia.org/wiki/Sélection_naturelle, et pour les fainéants incurables suit un bref résumé adapté aux circonstances.
Si une planète rencontre l'orbite d'une autre planète... elle n'est pas fait pour durer, micro bang... Le million d'astéroïdes résultant rencontrerons le même problème: trouver une trajectoire stable dans le cosmos. Les uns iront de nano bang en nano bang, pour finir poussière et se faire absorber par une grosse planète draguant l'espace, les autres trouveront leur voie et dureront un peu dans le vide. Pour les espèces animales qui se reproduisent c'est la même chose, comme la planète a muté en astéroïdes, l'animal doit aussi pouvoir muter pour trouver sa trajectoire; la reproduction - surtout son imperfection - permettra cette adaptation de la trajectoire de notre cartographie génétique. Si un animal à fourrure se reproduit et que sa descendance directe à des poils trois fois plus long, que se passera-t-il? La descendance passera mieux l'hiver, et si elle vit dans un environnement froid, aura plus de chance de se multiplier et à la longue remplacera peut-être la variante parentale; mais si l'animal se trouve dans un pays chaud, ça pourrait lui être fatal, permettant, par exemple, à ses prédateurs de l'attraper plus facilement, et favoriser ainsi l'extinction.
Il faut absolument retenir de l'hypothèse darwinienne que l'évolution se fait à priori par une erreur du processus de reproduction, donc un pur et simple hasard du point de vue de la logique de la vie elle-même, et à posteriori par la sélection des organismes aux comportements les mieux faits pour se reproduire, s'adapter et donc durer.
L'envie de contact sexuel, l'envie du coït, les fantasmes sexuels de tous ordres, le désir des jeux de regards, l'envie d'être vu et reconnu comme bête puissante, douce et effrayante, tout ce ça qui agite et motive des comportements aboutissants au coït chez les mâles depuis des milliers d'années, est un vecteur de pérennité puissant. Une espèce sexuellement paresseuse n'aurait pas survécu dans un environnement aussi hostile.
Tout ça pour attirer l'attention sur un point précis et fondamental: la sexualité n'est pas faite pour la reproduction. Le désir sexuel n'a aucun rapport avec l'envie de se reproduire, aucune nature ne nous manipule à travers nos fantasmes. L'idée même d'une téléologie à l'oeuvre dans la nature est impensable. Rien n'empêche bien sûr d'avoir le projet de se reproduire et d'avoir une relation sexuelle dans ce but, mais c'est tout à fait contingent et n'a rien à voir avec le désir lui-même en général. Le désir sexuel n'a aucun but que le désir sexuel. Le plaisir sexuel n'a d'autre raison d'être que le plaisir lui-même. Les fantasmes n'ont d'autre raison d'être que d'être des fantasmes.
Mais comme il se fait que l'organe principal du plaisir sexuel est aussi celui de la reproduction, ces comportements ont pour conséquence de favoriser la reproduction donc la survie de l'espèce, et sont par conséquent utiles à l'espèce au regard de sa capacité à coexister et à durer.
En bref: c'est parce que nous étions de gros obsédés de la chose pour le plaisir que nous avons fais pleins d'enfants et avons gagné la course. C'est ça notre nature et c'est la nature. Donc pas de complexe et pas de honte, c'est comme "ça" et c'est une question de survie... ;-)
En conclusion: Arthur Schopenhauer n'avait absolument rien compris et le dogme chrétien est totalement contre nature, ce qui bien sûr n'est pas une incohérence puisque il se pose face à la nature pour sauver l'homme et lui assigner des buts supérieurs.
Désolé d'avoir été si lourd et si long.
L
vendredi 27 novembre 2009
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