Nous entendons ou lisons souvent que quelque chose est "évident", l'"immédiate évidence" est un (anti)argument souvent utilisé par les philosophes. A=A est vrai, et cela est immédiatement évident. Je suis là dans un monde qui est là pour moi, est aussi immédiatement évident. Le temps passe et le monde change, ou du moins en tant qu'il se donne à moi, est immédiatement évident. Ma perception manifeste un univers spatial est immédiatement évident. La ligne droite est le plus court chemin entre deux points est immédiatement évident, ce qui n'empêche pas que cela puisse être aussi démontré mathématiquement, dans un espace euclidien. Je suis là, hic et nunc, et le maintenant existe, cela aussi est immédiatement évident.
Et si l'évidence immédiate, était l'effet de notre absolue passivité, ou réceptivité, par rapport à l'arrière plan "matériel" d'où émergent nos expériences de pensée ou de perception? Si nos pensées sont élaborées par notre cerveau, une chose en soi absolument au-delà de toute expérience subjective possible, et que notre conscience n'est que pure réceptivité émergente de ces processus, que peut-elle faire d'autre que se trouver elle-même "évidente"? Le sens de l'immédiate évidence elle-même n'est peut être que ça: passivité et fait accompli des fonctions cognitives implantées dans cet au-delà radical de notre conscience.
Et si l'immédiate évidence n'était que ça, et tous nos arguments pour tenter d'élever nos évidences au statut de principes logiques nécessaires et universels, de vaines tautologies circulaires, l'expression de notre finitude machinique... Eternel retour réflexif du schéma sur lui-même, conscience du transistor.
L
samedi 14 novembre 2009
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire